BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE – Fernand BRAUDEL, La dynamique du capitalisme, Paris, 1985

BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE

Fernand BRAUDEL, La dynamique du capitalisme, Paris, 1985

FICHE TECHNIQUE

BRAUDEL (Fernand), La dynamique du capitalisme, Paris, 1985, aux éditions Arthaud, réédité en 2008 dans la Collection « Champs Histoire » des éditions Flammarion, réédité de nouveau dans la même collection en 2017, 112 pages, ISBN 978-2081307957.

L’AUTEUR

Fernand BRAUDEL (1902-1985) est le plus grand historien français du XXe siècle, auteur de trois œuvres majeures qui révolutionnent l’historiographie dans le monde, inspirateur d’historiens et de politologues, dont Samuel HUNTINGTON. Il fait paraître d’abord La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II (1947) introduit la notion de temporalités emboîtées, puis Civilisation matérielle, économie et capitalisme XVIe-XVIIIe siècles (1979) et enfin la Grammaire des civilisations (1987) premier essai d’une histoire interconnectée.

LE LIVRE

Chapitre Premier : en repensant à la vie matérielle et à la vie économique

 

Vie économique : tout ce qui relève de l’échange / vie matérielle : tout ce qui est exclu de l’échange.

L’ouvrage a été pensé comme une présentation de la somme Civilisation matérielle, Economie et Capitalisme publiée en 1979. Il a été rédigé dans les années 1950, servi de support à des cours donnés à l’Université de John Hopkins aux Etats-Unis et publié en 1985.

Selon Braudel, l’histoire économique n’est pas considérée comme une discipline noble même si « elle est l’histoire entière des hommes, regardée d’un certain point de vue. Elle est à la fois l’histoire de ceux que l’on considère comme les grands acteurs, un Jacques Cœur, un John Law, l’histoire des grands évènements, l’histoire de la conjoncture et des crises et enfin l’histoire massive et structurale évoluant lentement au fil de la longue durée » (p.11).

Au sujet de la démographie : « A partir de 1450, en Europe, le nombre des hommes croît avec rapidité, c’est qu’il faut compenser, qu’il est possible de compenser, les énormes pertes du siècle précédent, au lendemain de la Peste Noire. Il y a eu récupération jusqu’au prochain reflux. Successifs, comme attendus d’avance aux yeux des historiens, flux et reflux dessinent, révèlent des règles tendancielles, des règles de longue durée qui resteront en place jusqu’au XVIIIème siècle. Au XVIIIème siècle seulement, il y aura eu éclatement des frontières de l’impossible, dépassement d’un plafond jusque-là infranchissable. Depuis lors, le nombre des hommes n’a cessé d’augmenter, il n’y a plus eu de coup d’arrêt, de renversement » (p. 15).

D’où vient la suprématie de l’Europe ? « Est-ce la navigation hauturière, est-ce le capitalisme qui ont créé la suprématie de l’Europe, du simple fait qu’ils n’ont pas été diffusés par masses entières ? » (p. 20).

Au sujet de l’économie d’échange, « tendue entre la production et la consommation » (p. 21) : elle est imparfaite, incomplète au cours de l’Ancien Régime (1400 – 1800) mais en progrès. Des villes commencent à organiser la production et à orienter la consommation (Venise, Amsterdam, Londres).

Hiérarchie  dans l’échange : un registre inférieur (marché, boutiques, colporteurs) et un registre supérieur (foires, bourses).

Chronologie :

Au XVème après 1450 : reprise de l’économie impulsée par les marchés urbains

Au XVIème : l’économie se complexifie (arrivée des métaux précieux d’Amérique, amélioration des outils financiers).

Au XVIIème siècle : essor d’Amsterdam et globalisation de l’économie (stagnation de l’Italie).

Au XVIIIème siècle : Londres supplante Amsterdam, la finance se développe et prend le pas sur l’échange marchand.

« Si on la compare aux économies du reste du monde, l’économie européenne semble avoir dû son développement plus avancé à la supériorité de ses instruments et de ses institutions : les bourses et les diverses formes du crédit. Mais sans exception aucune, tous les mécanismes et artifices de l’échange se retrouvent en dehors de l’Europe, développés et utilisés à des degrés divers » (p. 38-39).

Le capitalisme s’est développé au-dessus de l’économie de marché.

Chapitre Deuxième : les jeux de l’échange

« Je voudrai aujourd’hui aborder ce qui relève proprement de l’échange et que nous désignerons à la fois comme l’économie de marché et comme le capitalisme » (p. 43).

Attention : jusqu’au XVIIIème siècle, l’essentiel de l’activité humaine est absorbé par le quotidien (« la vie matérielle ») et est exclu de l’échange. Dès le XVIème siècle, « une économie relie entre eux le différents marchés du monde, une économie qui n’entraîne derrière elle que quelques marchandises exceptionnelles » (p. 47).

Pourquoi convoquer la notion de capitalisme ?

« Tout d’abord, entre XVème et XVIIIème siècles, certains processus réclament une appellation particulière. Lorsqu’on les observe de près, les ranger, sans plus, dans l’économie de marché ordinaire serait presque absurde. Le mot qui vient alors spontanément à l’esprit est bien celui de capitalisme. Agacé, vous le chassez par la porte, il rentre presque aussitôt par la fenêtre. Car vous ne lui trouvez pas de remplaçant adéquat. Capitalisme, dans son usage large, date du début du XXème siècle. Ce mot, pratiquement, Marx l’aura ignoré. Nous voilà donc menacé d’anachronisme. Pas de capitalisme avant la Révolution industrielle, criait un jour un encore jeune historien : la capital oui, le capitalisme non ! » (p. 50-51).

Quelques définitions :

Le capital : « réalité tangible, masse des moyens aisément identifiables, sans fin à l’œuvre ».

Un bien capital ne désigne pas seulement « les accumulations d’argent mais les résultats utilisables et utilisés de tout travail antérieurement accompli : une maison est un capital, du blé engendré, du capital, un navire, une route sont des capitaux » (p. 52).

Le capitaliste : « l’homme qui préside ou essaie de présider à l’insertion du capital dans l’incessant processus de production à quoi les sociétés sont toutes condamnés ».

Le capitalisme : « la façon dont est conduit, pour des fins peu altruistes d’ordinaire, ce jeu constant d’insertion »

Comment différencier l’économe de marché et le capitalisme ?

Selon Braudel, il existe au moins deux formes d’économie de marché :

A : les échanges quotidien du marché, les trafics locaux ou à faible distance mais aussi les échanges lointains mais réguliers, prévisibles = un échange concurrentiel.

B : les échanges « troublés » par un commerçant qui intrigue pour faire monter les prix. Le marchand dispose de deux avantages, il a d’abord rompu les liens entre le producteur et le consommateur et il possède de l’argent comptant = le capitalisme.

« Ainsi, de longues chaines marchandes se tendent entre production et consommation et c’est assurément leur efficacité qui les a imposées, en particulier pour le ravitaillement des grandes villes et qui a incité les autorités à fermer les yeux, pour le moins à relâcher leur contrôle. Or, plus ces chaînes s’allongent, plus le processus capitaliste émerge clairement » (p. 58).

Les bénéfices réalisés par les marchands au long cours permettent d’accumuler un capital considérable.

« Que ces capitalistes, en Islam ou en Chrétienté, soient les amis du prince, est-il besoin de le dire ? Très tôt, ils dépassent les limites nationales, s’entendent avec les marchands des places étrangères. Ils ont mille moyens de fausser le jeu en leur faveur, par le maniement du crédit, par le jeu fructueux des bonnes contre les mauvaises monnaies … Ils ont la supériorité de l’information, de l’intelligence, de la culture … enfin, c’est par la masse de leur capitaux que les capitalistes sont à même de préserver leur privilège et de se réserver les grandes affaires internationales du temps. D’une part parce qu’à cette époque de transports très lents le grand commerce impose de longs délais au roulement des capitaux : il faut des mois, parfois des années pour que les sommes investies reviennent, grossies de leurs bénéfices. D’autre part, parce que, généralement, le grand marchand n’utilise pas seulement ses capitaux : il recourt au crédit, à l’argent des autres » (p. 61-62).

Ces négociants prospèrent grâce à des activités multiples : marchand, armateur, assureur, prêteur, emprunteur, financier, banquier, industriel, exploitant agricole…

Selon Braudel, « le marchand ne se spécialise pas parce qu’aucune branche à sa portée n’est suffisamment nourrie pour absorber toute son activité ». De plus, « si le marchand change si souvent d’activité, c’est que le grand profit change sans cesse de secteur. Le capitalisme est d’essence conjoncturelle. Aujourd’hui encore, une de ses grandes forces est sa facilité d’adaptation et de reconversion ».

Au sujet de la finance : « Il n’y aura de réussite du capitalisme financier qu’au XIXème siècle, au-delà des années 1830-1860 quand la banque saisira tout, l’industrie plus la marchandise et que l’économie en général aura acquis assez de vigueur pour soutenir définitivement cette construction » (p. 65-66).

« Si d’ordinaire on ne distingue pas capitalisme et économie de marché, c’est que l’un et l’autre ont progressé du même pas du Moyen Age à nos jours et que l’on a souvent présenté le capitalisme comme le moteur ou l’épanouissement du progrès économique. En réalité, tout est porté sur le dos énorme de la vie matérielle : se gonfle-t-elle, tout va de l’avant ; l’économie de marché se gonfle à ses dépens, étend ses liaisons. Or, de cette extension le capitalisme est toujours bénéficiaire » (p. 66-67).

Le développement du capitalisme profite à une frange de la société mais il nécessite le soutient de l’ensemble de la société. Le capitalisme est une réalité économique mais aussi « un ordre social », « une réalité de l’ordre politique », « une réalité de civilisation » (p.67).

Selon Braudel, l’Etat moderne a hérité du capitalisme, il ne l’a pas créé. « Le capitalisme ne triomphe que lorsqu’il s’identifie avec l’Etat, qu’il est l’Etat » (p. 68).

En France, c’est à partir de la Révolution de juillet 1830 que la bourgeoisie marchande s’installe au pouvoir.

Quel rapport entre le religieux/le culturel et le capitalisme ? Généralement les religions condamnent le prêt à intérêt. Voir thèse discutable de M. Weber sur les liens entre protestantisme et capitalisme. Thèse fragile puisque les Etats protestants ont remplacé les cités méditerranéennes (plutôt chrétiennes).

« Amsterdam copie Venise, comme Londres copiera Amsterdam, comme New York copiera Londres. Ce qui est en jeu, chaque fois, c’est le déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale, pour des raisons économiques qui ne touchent pas à la nature du capitalisme. Ce glissement définitif, à la fin du XVIème siècle, de la Méditerranée à la Mer du Nord, est le triomphe d’un pays neuf sur un vieux pays. Et c’est aussi un vaste changement d’échelle. A la faveur de la montée nouvelle de l’Atlantique, il y a élargissement de l’économie en général, des échanges, du stock monétaire, c’est le progrès vif de l’économie de marché qui portera sur son dos les constructions amplifiées du capitalisme. L’erreur de M. Weber me paraît dériver d’une exagération du capitalisme comme promoteur du monde moderne » (p.70).

L’enjeu essentiel : la structuration des hiérarchies sociales

La bourgeoisie marchande s’est développée en Europe en parasitant l’aristocratie féodale. Sa montée fut lente et progressive. Il faut des « eaux socialement calmes pour que l’accumulation s’opère, pour que poussent et se maintiennent les lignages, pour que l’économie monétaire aidant, le capitalisme enfin émerge » (p. 74).

Braudel parle de « longue gestation des fortunes familiales ».

Une parenthèse intéressante sur la Chine (capitalisme, bourgeoisie, Etat) :

« En Chine, les statistiques imparfaites qui s’offrent à nous laissent l’impression que la mobilité sociale à la verticale y est plus grande qu’en Europe. La porte ouverte c’est celle des concours de mandarins. Ils sont en principe accessibles à tous les milieux sociaux, infiniment plus accessibles en tout cas que les grandes universités d’Occident au XIXème siècle. Les examens sont en fait des redistributions des cartes du jeu social. Mais ceux qui parviennent au sommet n’y sont jamais qu’à titre précaire. Et les fortunes qu’ils amassent souvent à ces occasions servent peu à fonder ce qu’on appellerait, en Europe, une grande famille. D’ailleurs, les familles trop riches et trop puissantes sont suspectes pour l’Etat, seul possesseur de la terre, seul habilité à lever l’impôt et qui surveille de près les entreprises minières, industrielles ou marchandes. L’Etat chinois, a sans fin été hostile à l’épanouissement du capitalisme. Il n’y a de vrai capitalisme chinois qu’en dehors de la Chine, où le marchand chinois agit et règne en toute liberté » (p. 75-76).

Analyse des empires musulmans : force de l’Etat et instabilité de la hiérarchie sociale.

Conclusion de ce deuxième chapitre : « Il y a des conditions sociales à la poussée et à la réussite du capitalisme. Celui-ci exige une certaine tranquillité de l’ordre social ainsi qu’une certaine neutralité, faiblesse, complaisance, de l’Etat… Le capitalisme n’invente pas les hiérarchies, il les utilise » (p. 78).

Chapitre Troisième : les temps du monde

 

Objectif de ce chapitre : « lier le capitalisme, son évolution et ses moyens, à une histoire générale du monde » (p. 83).

On peut évoquer le monde parce que entre le XVème et le XVIIIème siècle cette unité se dessine « et fait sentir progressivement son poids sur la vie entière des hommes, sur toutes les sociétés, économies et civilisations du monde. Or ce monde s’affirme sous le signe de l’inégalité » (p. 83).

A nouveau, du vocabulaire :

économie mondiale : c’est « l’économie du monde pris en son entier ».

économie-monde : ce mot, forgé par Braudel à partir de l’allemand Weltwirtschafft, désigne « l’économie d’une portion seulement de notre planète dans la mesure où elle forme un tout économique ». Selon Braudel, une économie monde occupe « un espace géographique », accepte toujours « un pôle, un centre, représenté par une ville dominante, jadis un Etat-ville, aujourd’hui une capitale … Il peut exister deux centres à la fois, dans une même économie-monde » et s’organise selon un système centre périphérie. A la « marge », on trouve des zones qui « dans la division du travail qui caractérise l’économie monde, se trouvent subordonne et dépendante plus que participantes » (p. 85-86).

Une référence : le livre The Modern World-System (1974) d’Immanuel Wallerstein.

Selon Braudel, plusieurs économie-monde ont pu coexister.

Chronologie des recentrages de l’économie-monde :

« Chaque fois qu’il y a un décentrage, un recentrage s’opère, comme si une économie monde ne pouvait vivre sans un centre de gravité, sans un pôle » (p. 90).

– 1380 : Venise

– 1500 : Anvers

– 1550 : Gênes

– 1600 : Amsterdam

– 1800 : Londres

– 1930 : New York

« A l’horloge du monde européen, l’heure fatidique aura sonné cinq fois et chaque fois, ces déplacements se sont réalisés au cours de luttes, de heurts, de crises économiques fortes. D’ordinaire c’est même le mauvais temps économique qui finit d’abattre le centre ancien, déjà menacé et confirme l’émergence du nouveau… Le centre ne craque pas à chaque coup. Au contraire, les crises du XVIIème siècle ont le plus souvent tourné au bénéfice d’Amsterdam. Aujourd’hui, nous vivons, depuis quelques années, une crise mondiale qui s’annonce forte et durable » (p. 90 – 91). Deux possibilités : New York succombe et est remplacée par un autre centre ou New York sort renforcée de la crise.

« Centrage, décentrage, recentrage semblent liés, d’ordinaire, à des crises prolongée de l’économie générale. C’est doc au travers de ces crises qu’il faut, sans doute, aborder l’étude difficile de ces mécanismes d’ensemble par quoi, l’histoire générale se retourne » (p. 91).

Au sujet de la partition de l’économie monde en zones concentriques :

Au centre : « la splendeur, la richesse, le bonheur de vivre se rassemblent au centre de l’économie-monde, en son cœur. C’est là que le soleil de l’histoire fait briller les plus vives couleurs, là que se manifestent les hauts prix, les hauts salaires, la banque, les marchandises royales, les industries profitables, les agricultures capitalistes ; là que se situent le point de départ et le point d’arrivée des longs trafics, l’afflux des métaux précieux, des monnaies fortes et des titres de crédit. Toute une modernité économique en avance s’y loge : le voyageur le remarque qui voit Venise au XVème siècle, Amsterdam au XVIIème, Londres au XVIIIème ou New York aujourd’hui » (p. 94).

Les centres sont généralement des cités très autonomes (des cités-Etats). Mais l’existence d’un Etat apporte à ce centre un important marché intérieur.

Quelques lignes sur l’essor et le déclin des foires de Champagne, centre de gravité de l’Europe (entre les Pays-Bas et l’Italie).

Plusieurs villes italiennes ont occupé une place centrale : Venise, Milan, Florence et Gênes. Puis Anvers et Amsterdam.

Une multitude de périphéries : « L’économie-monde européenne, en 1650, c’est la juxtaposition, la coexistence de sociétés qui vont de la société déjà capitaliste, la hollandaise, aux sociétés serviles et esclavagistes, tout en bas de l’échelle … Le capitalisme vit de cet étagement régulier, les zones externes nourrissent les zones médianes et surtout les centrales » (p.96).

L’Angleterre est la première à avoir cumulé les bénéfices du commerce lointain à ceux dégagés par le marché intérieur. C’est bien l’Angleterre et non Londres qui est le centre de l’économie-monde. Dès lors, l’économie européenne bouscule les autres économies et domine le monde jusqu’en 1914.

Une parenthèse au sujet de l’industrialisation des pays du Tiers Monde : selon Braudel, elle se fait avec « des lenteurs qui semblent a priori anormales. Une fois c’est le secteur agricole qui n’a pas suivi la modernisation ; ou la main d’œuvre qualifiée fait défaut ; ou la demande du marché intérieur s’est révélée insuffisante ; une autre fois les capitalistes du cru ont préféré aux investissements locaux des placements extérieurs plus sûrs et plus profitables ; ou l’Etat s’est révélé gaspilleur ou prévaricateur ; ou la technique importée est inadaptée ; où elle se paie trop cher » (p. 109).

Il faut bien se rendre compte qu’à plusieurs reprises des révolutions potentielles ne se sont pas produites. C’est en Angleterre au XVIIIème siècle que les pas décisifs ont été franchis. Pourquoi ?

Braudel rappelle que l’industrialisation de l’Angleterre s’est faite de façon lente mais fluide :

– les campagnes se sont vidées mais les capacités de production se sont maintenues

– les industriels ont trouvé la main d’œuvre (qualifiée et non qualifiée) nécessaire

– le marché intérieur s’est développé malgré la hausse des prix

– la technique a suivi

– les marchés extérieurs se sont ouverts

La Révolution industrielle a démarré humblement : agriculteurs, artisans, petits industriels… C’est l’économie de marché qui a entraîné le capitalisme industriel. Il faut ajouter que la Révolution industrielle a pris de l’ampleur du fait de la place de l’Angleterre dans le monde. « Le monde a été le complice efficace, sans la vouloir, de la Révolution anglaise » (p. 114).

L’essor du capitalisme industriel repose donc à la fois

– sur une transformation de la société anglaise

– sur l’exploitation d’autrui.

Quelques réflexions sur le capitalisme d’aujourd’hui :

« le capitalisme reste fondé sur une exploitation des ressources et des possibilités internationales, il existe aux dimensions du monde, il tend vers le monde entier. Il s’appuie sur des monopoles de droit ou de fait, malgré les violences déchaînées à ce propos contre lui » (p. 115).

© Ronan KOSSOU (2017)

→ Cliquez ci-dessous pour télécharger le document principal au format Microsoft Office Word :

BRAUDEL, dynamique du capitalisme (1985)

Articles complémentaires :

Les index de la Bibliothèque virtuelle :

→ Pour accéder à l’index par auteurs de la Bibliothèque virtuelle, cliquez ICI.

→ Pour accéder à l’index par genres d’œuvres de la Bibliothèque virtuelle, cliquez ICI.

Les articles et les catégories liés à cet article :

→ Pour accéder au programme d’Histoire de la classe de Cinquième, cliquez ICI.

→ Pour accéder au programme d’Histoire de la classe de Quatrième, cliquez ICI.

→ Pour accéder au programme d’Histoire de la classe de Seconde générale, cliquez ICI.

 

Print Friendly, PDF & Email